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Aéronautique : L’A220, le plus marocain de la famille Airbus

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Parties arrière et avant du fuselage, plancher des pilotes, ouverture des portes hydrauliques, matériaux composites, nacelles, faisceaux de câbles, ingénierie… Ce sont là autant de pièces et de technologies «Made in Morocco» qui contribuent grandement à la fabrication des avions Airbus, et en particulier de l’A220, appareil de dernière génération sur lequel le constructeur aéronautique européen mise énormément sur le plan commercial.
L’A220, un avion de 100 à 150 sièges présenté par ses concepteurs comme un game-changer pour les compagnies aériennes, est le fruit d’un long partenariat industriel entre Airbus et le Maroc, entamé il y a plus de 50 ans. Un partenariat qui n’a cessé de grandir avec le temps et qui fait dire, aujourd’hui, à Mikael Houari, président Airbus Afrique et Moyen-Orient, que les «Marocains qui montent à bord de cet avion, y sont, plus que quiconque, chez eux».
«Nous avons la chance de pouvoir compter sur des partenaires marocains très fiables. Airbus a tissé un réseau industriel sans commune mesure dans le pays», s’est-il d’ailleurs félicité.
A ce jour, ils sont plus de 100 fournisseurs sur les 142 installés au Maroc à travailler pour le géant européen de l’aviation, générant 10.000 emplois et plus d’un milliard d’euros d’activités annuelles, soit près de la moitié du chiffre d’affaires du secteur au Maroc, qui devrait, pour la première fois, dépasser les 2 milliards de chiffre d’affaires à l’export à l’issue de cette année.

Maintenance, le Maroc parmi les plus avancés en Afrique
Fort de son savoir-faire développé au cours de ces 20 dernières années et de sa fiabilité, la plateforme marocaine aéronautique apparaît désormais incontournable pour tous les grands donneurs d’ordre. Et Airbus, dont le carnet de commandes se garnit à grande vitesse dans le sillage de la forte reprise du trafic aérien après la crise sanitaire, compte s’appuyer davantage sur le Maroc.
«Ce partenariat ne va faire que se renforcer à l’avenir du fait de l’augmentation des besoins en capacités aériennes du continent africain», a fait savoir Mikael Houari, présent à Casablanca pour une démonstration de vol de l’A220, à laquelle ont pris part plusieurs personnalités des secteurs public et privé, dont le ministre en charge de l’Investissement, Mohcine Jazouli.
Il faut dire que le ciel est au beau fixe pour le secteur, notamment sur le continent, et les opportunités de business pour les industriels basés au Maroc sont prometteuses. Selon l’Airbus Global Market Forecast de 2022 (GMF 2022), les compagnies aériennes africaines vont avoir besoin d’acquérir 1.230 avions d’ici à 2040. Par ailleurs, les besoins en maintenance aéronautique sur le continent, domaine dans lequel le Maroc compte parmi les 3 pays les plus avancés d’Afrique, vont être démultipliés, nécessitant le recrutement de plus de 16.000 techniciens dans les 20 prochaines années.
Pour ce qui est de l’A220, qui a vu le jour en 2016, les ventes sont déjà au rendez-vous. Il totalise à ce jour 788 commandes émanant de plus de 25 clients. Sur ce total, 232 appareils ont déjà été livrés à 16 opérateurs, dont airBaltic, Korean Air, Delta Air Lines, Air Tanzania, EgyptAir, Air Canada, JetBlue, Iraqi Airways, ou encore Air Sénégal.
L’argument principal de l’A220 est son efficacité énergétique qui permet de baisser sensiblement les coûts pour les compagnies aériennes: selon Airbus en effet, l’appareil promet une réduction de 25% de la consommation de carburant par siège par rapport aux appareils de la génération précédente.
Suffisant pour convaincre Royal Air Maroc, qui ne dispose d’aucun Airbus dans sa flotte, d’en commander ? «Ça viendra…», répond, diplomate, Mikael Houari (voir entretien ci-contre).

 

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