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Certificat de dépôt, billets de trésorerie…, ces titres qui perdent leur dynamisme

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Certificat de dépôt, billets de trésorerie…, ces titres qui perdent leur dynamisme

Bourse

Le marché des titres des créances négociables (TCN) poursuit sa baisse, sachant qu’il était déjà sur une pente descendante depuis plusieurs années. Ces titres de la dette privée ont atteint au terme de 2020 un encours global de 86,4 milliards de DH, en baisse de 5,8% par rapport à 2019. Tous les segments n’ont pas évolué de la même manière. Au moment où l’encours des certificats de dépôts (CD) a enregistré une diminution de 11% à 57 milliards de DH, celui des bons des sociétés de financement (BSF) et des billets de trésorerie (BT) est ressorti en croissance ; le 1er de 5,8% à près de 27 milliards de DH et le second de 19,5% à 2,3 milliards de DH.
Le gros des levées sur le segment des CD est accaparé, à l’instar de l’année dernière, par Attijariwafa bank avec 11 milliards de DH, suivi de la SGMA avec 10,8 milliards et de la BOA avec 7,8 milliards de DH.
En dépit du resserrement des liquidités bancaires, avec ce contexte actuel, le recours des banques au marché de la dette privée ne s’est pas fait beaucoup sentir. C’est en raison notamment de la politique accommodante de Bank Al-Maghrib. «Le taux de satisfaction sur le marché des adjudications est de 100% depuis le mois d’avril. L’institut d’émission s’est dit prêt à répondre à toutes les demandes de refinancement des banques, sans exception», explique un analyste du marché. En dépit d’une aggravation du déficit des liquidités bancaires qui dépasse les 80 milliards de DH actuellement, les banques n’ont pas eu besoin de solliciter le marché de la dette privée. D’autant que le coût des ressources auprès de la banque centrale s’avère plus intéressant que sur le marché des titres de créances négociables, spécialement après l’abaissement du taux directeur à 1,5%.
Le segment des BSF, en revanche, n’a pas connu la même tendance (+5,8% à 27 milliards de DH). Il ne s’agit pas d’un recours plus accru au marché des TCN par les sociétés de financement, mais seulement de remboursements non encore échus qui s’ajoutent à quelques émissions.
Comme en 2019, c’est Maghrebail qui a le plus animé le marché, puisqu’elle a levé des fonds de l’ordre de 6,7 milliards de DH, suivie de Wafasalaf avec 5,4 milliards de DH. Ces deux sociétés dominent 45% de l’encours total des BSF. Ce segment a connu un fort essoufflement en raison de la baisse de la demande sur les crédits des sociétés de financement. «L’activité des sociétés de financement ayant connu un certain ralentissement, surtout pendant la période du confinement, les sociétés de crédit spécialisées n’ont pas vu la nécessité de recourir massivement aux BSF», ajoute notre source. Cela d’un côté. D’un autre, la demande n’y est pas significative non plus. «Compte tenu de la montée des impayés, les investisseurs sont devenus plus méfiants vis-à-vis des sociétés de financement. Certaines émissions ont même été annulées par leurs émetteurs, vu le manque de souscripteurs à l’opération», souligne notre analyste. Si l’on prend le crédit bancaire de façon globale (banques et sociétés de financement comprises), son encours s’est établi à 958 milliards de DH contre un encours des créances en souffrance de 80 milliards de DH. Alors que le premier n’a augmenté que de 4%, le second, lui, s’est propulsé de 15%. Le taux des créances en souffrance global est aux alentours de 8,5%, alors que celui des sociétés de financement tourne autour de 13%. Ceci est de nature à décourager les souscripteurs à investir dans les BSF, cela, en dépit d’une rémunération plus intéressante que celle de l’année 2019, comprise en 10 et 15 pbs supplémentaires.TAB
De même pour le segment des billets de trésorerie. L’encours a augmenté de 19,5% à 2,3 milliards de DH. Les émetteurs les plus dynamiques sur ce segment sont notamment Managem avec 1 milliard de DH, talonné de loin par Addoha avec près de 600 MDH et Résidences Dar Saada avec près de 400 MDH. Notons que ce segment a accueilli un nouvel entrant, Aradei Capital, avec un volume de 100 MDH. Ce segment accapare une partie infime des TCN globales, avec une part de 2,2% seulement. Il s’agit d’opérations ponctuelles réalisées par des opérateurs habituels dont Managem, Résidences Dar Saada, Addoha et Label’vie…et qui donc n’ont pas d’impact significatif sur le marché des TCN. Généralement, les souscripteurs suivent les opérations de ces sociétés et ne rechignent donc pas sur les moyens pour investir dans leurs billets de trésorerie.
En tout cas, que ce soit sur le marché des CD, des BSF ou des BT, ce sont les OPCVM qui répondent le plus présent. Ils dominent les souscriptions à plus de 60%, suivis des établissements de crédit et des assurances et organismes de prévoyance.
Il faut souligner que «l’année 2020 a été marquée par nombre d’opérations de placements privés d’obligations ; autrement dit, sans forcément passer par les étapes consistant en la publication de notes d’informations et de placement à travers la banque conseil…», note l’analyste. Des montants conséquents ont été levés, à l’instar de l’ANP qui a levé 1 milliard de DH et Al Omrane avec 2 milliards de DH. D’autres sociétés ont également investi le marché, comme Label’vie, Afriquia Gaz, Maghreb Oxygène…


Pas de grands changements prévus en 2021

Du côté des perspectives, l’année en cours devrait s’inscrire dans la continuité de la précédente. En effet, la politique monétaire de la banque centrale devra rester aussi accommodante qu’avant. D’ailleurs, elle continue de servir l’intégralité des demandes de refinancement sur le mois de janvier. Du coup, le recours des banques au marché des certificats de dépôts ne devrait pas connaître de grands changements tant au niveau des taux, que des montants demandés.
En revanche, l’étau devrait se resserrer davantage sur les sociétés de financement. «Les retombées de la crise sanitaire devraient se faire ressentir en 2021 et 2022, avec notamment une montée des impayés. Il est prévu qu’ils atteignent jusqu’à 14%. Ce qui devrait refroidir les investisseurs et accroître leur méfiance à l’égard des bons émis par les sociétés de financement», prévoit notre source. Toutefois, la tendance baissière des taux pourrait inciter quelques émetteurs à revenir sur le marché des TCN ou des obligations pour se refinancer, au lieu du recours aux dettes bancaires, plus coûteuses et dont les conditions d’octroi sont plus serrées.

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