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Elevage solidaire : Ticherka, une pratique qui se perpétue dans les zones montagneuses de l’Atlas

La Vie éco

Elevage solidaire : Ticherka, une pratique qui se perpétue dans les zones montagneuses de l’Atlas

Le contexte agricole marocain actuel, marqué par notamment deux grands chantiers, le Plan Maroc Vert, pendant plus de 20 ans maintenant, et aujourd’hui la Stratégie Génération Green depuis deux ans, est favorable au développement de l’agriculture solidaire et l’amélioration des conditions de vie des petits agriculteurs. Ces programmes renforcent ainsi une économie sociale et solidaire qui a toujours existé au Maroc sous des formes traditionnelles. Ticherka (association en amazigh) est l’une d’elles encore pratiquée dans les hautes montagnes et contrées enclavées de l’Atlas, pour aider les membres d’une communauté en difficulté.

«La pratique consiste en une association entre un propriétaire de bétail et un berger sans troupeau. Le propriétaire va prêter au berger un animal femelle (vache, brebis ou chèvre) et financer l’achat des intrants (fourrage, médicaments…)», explique la consultante Anne-Claire Gonin. L’experte en stratégie des organisations, dirigeante et fondatrice du cabinet Agos Conseil, a réalisé une étude sur cette pratique traditionnelle ancestrale qui renforce dans les zones reculées les chaînes de solidarité et arrive à endiguer la pauvreté des communautés de ces contrées. Et Ticherka est justement un bel exemple de vecteur de développement social dans le monde rural.

Puisée dans les traditions marocaines de l’économie rurale, cette pratique permet à un éleveur sans troupeau d’améliorer sa situation économique. «Le berger éleveur va mobiliser son savoir-faire et son travail pour s’occuper de la bête qui donnera naissance à des petits. Le fruit de l’association sera le bénéfice de la vente de la descendance et l’augmentation du patrimoine des deux associés à travers l’agrandissement du troupeau. A la fin, le berger éleveur rend l’animal prêté à son propriétaire pour rembourser son prêt, ce qui met un terme à l’association», explique la consultante. Cette pratique, équitable et solidaire, est ainsi gagnante pour les deux parties. Le propriétaire s’enrichit du produit de la vente de jeunes animaux et récupère au terme de l’association une bête engraissée. Le berger devient propriétaire de la première descendance de la bête prêtée et perçoit des revenus de la vente des autres bêtes nées, en rémunération de son travail de berger.

Egalement utilisée dans la culture de la terre, à travers l’association entre un propriétaire et un paysan pour le partage équitable de la vente de la récolte, Ticherka permet contrairement au servage ou au travail salarié, l’autonomie financière et la liberté de l’éleveur. En outre, la pratique encourage la cohésion d’une communauté et son développement économique.

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