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Entrepreneuriat des jeunes : Des «Smart projets», une nouvelle culture d’entreprise

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Entrepreneuriat des jeunes : Des «Smart projets», une nouvelle culture d’entreprise

Caravane Al Ibdaa

L’innovation de la jeunesse marocaine a pris un nouveau cap de créativité en s’acheminant vers un entrepreneuriat tourné vers la recherche de solution à des réalités locales. Il y a là un nouveau souffle d’une culture entrepreneuriale qui tend à s’étendre, comme nouvelle alternative, pour atteindre tous les domaines. De l’environnement à l’économie, en passant par le social, l’entrepreneuriat des jeunes se veut une réponse concrète portée par les avancées technologiques et les mutations sociales, avec la perspective de mettre à contribution toutes ces ressources pour répondre à des besoins sociaux, économiques ou environnementaux.
Oumayma Bouasria est parmi les jeunes ayant tenté cette aventure. Cette originaire de la province de Taounate fait partie des dix premiers lauréats à avoir remporté la finale de la compétition «Caravane Al Ibdaâ» (Caravane de l’innovation), organisée par Cosumar en janvier dernier, une distinction que lui a valu son «Smart projet» de traitement des résidus oléicoles. L’idée de son projet émane de la réalité environnementale que connaît sa région, avec «une pollution due aux déchets oléicoles», en raison de la non-intégration des divers méthodes de recyclage possibles, confie à la MAP cette jeune entrepreneure.
La vingtenaire souligne que la province de Taounate regorge de richesses naturelles, avec «une économie qui repose sur l’élevage et l’agriculture, plus particulièrement l’olivier, le figuier et l’amandier», mais qui laisse un lourd tribut en termes de coût écologique.
En effet, l’Agence pour la promotion et le développement du Nord (APDN) indique sur son portail que la province de Taounate dispose d’une économie provinciale basée avant tout sur les «richesses naturelles et principalement l’agriculture et l’élevage qui font travailler la majorité de la population rurale».
Sur l’impact environnemental de ces activités, le professeur et chercheur en management, Abdellatif El Mamouni, fait savoir que la trituration de l’huile d’olive «pose un gros problème lors de l’évacuation directe ou indirecte de ses résidus dans une eau superficielle ou une nappe souterraine, en raison de sa capacité d’en modifier les caractéristiques physiques, chimiques, biologiques et bactériologiques». Et d’ajouter : «Des écoulements de ces margines au niveau du Bassin du Oued Ourgha et par conséquent vers le barrage El Wahda, constituent un véritable danger pour l’environnement», a-t-il averti dans une déclaration à la MAP. En l’absence d’un traitement ou d’une revalorisation des résidus de l’industrie oléicole, le milieu naturel déjà fragile de la région «risque une acidification et une destruction de la microflore bactérienne du sol, ajoutée à une pollution de la nappe phréatique», a mis en garde, pour sa part, Oumayma Bouasria, qui estime qu’une revalorisation des résidus oléicoles est «une urgence environnementale, en plus d’être un marché potentiel, très intéressant».
Le potentiel de ce marché est d’autant plus important que la filière oléicole contribue à hauteur de 5% au PIB agricole national, selon les chiffres du ministère de l’agriculture, de la pêche maritime, du développement rural et des eaux et forêts. Oumayma espère que le prix qu’elle a décroché servira de motivation pour les jeunes de sa province, et bien au-delà, pour faire valoir les compétences de la région et se lancer pleinement dans l’entrepreneuriat innovant, qui les affranchira de l’obligation de la recherche d’un emploi. L’entrepreneuriat est une «excellente réponse» aux mutations économiques, notamment celles qui touchent le marché de l’emploi, souligne Oumayma, qui se réjouit d’une «réelle volonté» gouvernementale qui incite les jeunes à voir l’entrepreneuriat comme un véritable débouché.
S’arrêtant sur les perspectives de réussite de son projet, Oumayma prévoit «des retombées positives» sur sa région. «Une fois le prix remporté, je me suis lancée dans la création d’une entreprise, encadrée par Cosumar et en partenariat avec la Fondation de recherche, de développement et d’innovation en sciences et ingénierie», a-t-elle fait savoir.
«Dans l’attente de mettre en place une politique nationale de lutte contre la pollution due à l’industrie oléicole, nous avons besoin d’une technologie qui peut transformer ces résidus en engrais au lieu d’être une source de nuisance», a fait remarquer de son côté M. El Mamouni. L’originalité et la revalorisation de la richesse locale sont désormais devenues le socle d’un nouveau visage d’entrepreneuriat des jeunes. Cette forme d’activité économique émergente est à même de répondre à des nécessités du marché local en joignant le désir d’autonomie économique et professionnelle aux potentialités de la créativité des nouvelles générations.

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