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Finances publiques : de l’urgence de repenser le modèle de gouvernance

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Finances publiques : de l’urgence de repenser le modèle de gouvernance

Les multiples crises qui se sont succédées sont complexes et ont un caractère multidimensionnel, qui allie le géopolitique à l’économique et le social à l’environnemental. C’est en ces termes que s’est exprimé Noureddine Bensouda, trésorier général du Royaume, lors du 15e colloque international des finances publiques organisé, le 16 et 17 décembre, par le ministère des Finances en partenariat avec l’association pour la fondation internationale des finances publiques (FONDAFIP) et ayant pour thème : « quel modèle de gouvernance des finances publiques dans un monde multi-crises ? ».

Tous les Etats ont mené des politiques d’interventionnisme massif et volontaire à coup de dépenses publiques et de recours à des instruments non-conventionnels pour limiter les conséquences sociales des crises. Cette mobilisation des finances publiques était des plus nécessaires dans un contexte pareil. Elles se sont traduites toutefois par un creusement du déficit budgétaire et un accroissement de l’endettement de l’Etat. Ce qui a marqué les limites de l’apport de l’Etat. « Quand bien même il le voudrait, l’Etat ne peut pas assumer à lui seul, à moyen terme, les chocs qui se multiplient et assurer le rôle de garant en dernier ressort », assure Bensouda.

Le volet économique est social n’est pas le seul effet de ces crises. Ces dernières ont eu un impact majeur sur le rôle de la gouvernance et de la décision de la gestion, notamment en matière des finances publiques. D’où, l’intérêt, mais aussi l’urgence, de repenser leur modèle de gouvernance, tout en tenant compte des réalités économiques et de leur évolution.

Il est ainsi important de faire des choix stratégiques concernant le rôle de l’Etat et de revoir le modèle de gouvernance et de la gestion financière publique avant d’en concevoir les outils et les instruments. Il devient clair aujourd’hui que la mise en place d’outils tels que la comptabilité des exercices, les indicateurs de performance, le contrôle interne, la programmation pluri-annuelle… ne sont que des instruments de gestion, alors que le processus de décision, lui, relève du politique.

Les intervenants à ce colloque ont mis l’accent également sur la nécessité d’améliorer la capacité extractive des finances publiques, en élaborant un système qui consacre plus de solidarité et moins de cas spécifiques et de particularités. Les dépenses, elles, devraient tendre vers davantage d’efficacité.

En plus de cela, les décisions de la gestion financière publique devront s’appuyer sur les technologies de l’information, sur les apports de l’analyse des données et les modèles prédictifs basés sur l’intelligence artificielle. Tout cela devra être accompagné par une mise à niveau des ressources humaines et aussi par la mutation du système d’évaluation, qui doit se montrer plus dynamique, de manière à accompagner la réalisation des programmes des projets publics avec plus de souplesse et d’agilité. Le dernier point réside dans le fait de confier la conception et la mise en œuvre des réformes à des compétences qualifiées qui maitrisent les aspects juridiques, économiques et techniques et qui s’adaptent à l’évolution des contextes.

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