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Formation continue : Quand les grandes écoles font du sur mesure

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Formation continue : Quand les grandes écoles font du sur mesure

Formations intra, sur mesure, unique out-of-the-box,… depuis quelques années, bon nombre de grandes écoles et universités ne cessent d’attirer les entreprises pour leur proposer des plans de formation sur mesure, damant le pion aux cabinets de formation.
Pour Said Benamar, directeur de la formation executive à l’Université internationale de Casablanca, «que ce soit des MBA, masters ou certificats, les formations sur mesure se développent au fil des ans pour la simple raison qu’ils s’adaptent aux contextes des entreprises. Parmi les nombreux cas que nous avons pu développer, celui du programme de formation d’une quarantaine de cadres du groupe DXC Technology Maroc (Ex HP CDG IT Services) il y a quelques années». Dans cette optique, les deux partenaires avaient opté pour un executive MBA avec pour objectif de renforcer les capacités de réflexion et de décisions stratégiques et opérationnelles des cadres du groupe.
Acteur encore récent sur la place, l’ESSEC Afrique se positionne déjà sur la formation continue sur mesure. «Une réelle clé de notre succès était d’avoir à notre disposition l’expérience et le savoir-faire reconnus du Groupe ESSEC qui nous permettent notamment de mobiliser un large carnet d’adresses de professeurs et d’experts et d’enrichir nos formations de learning expeditions de haut niveau à Paris et Singapour», explique Meryem Chami Khazraji, Directrice Executive Education, des relations institutionnelles et partenariats entreprises d’ESSEC Afrique.
La Business School peut se targuer de compter quelques grands groupes de la place, notamment Attijariwafa bank, Bank of Africa, Wafa Assurance, CDG Développement, mais aussi Masen ou la Sorec. «Les entreprises sont en général très friandes de nos champs d’expertise toujours à la pointe de l’innovation». Sur ce point de vue, une belle palette de thématiques est proposée aux entreprises allant des métiers spécifiques comme les finances, les achats, les ressources humaines, management de la santé ou encore les métiers du digital.
Selon Nassef Hmimda, directeur du pôle Formation continue à Centrale Casablanca, «pour une école d’ingénieurs, nos programmes de formation en formats master spécialisé ou executive certificate s’articulent naturellement autour des métiers d’ingénierie mais aussi sur l’excellence opérationnelle (notamment des formations certifiantes en lean six sigma), les systèmes d’information ou encore une belle part au leadership et au management de projet», souligne-t-il.
Idem pour l’ESSEC Afrique qui développe de nouveaux modules sur mesure. «Nous montons actuellement un certificat exécutif sur la supply chain au sein duquel nous souhaitons intégrer un module sur l’intelligence artificielle qui prend une place de plus en plus importante dans les réflexions des entreprises en général et dans ce secteur en particulier. Pour ce faire, nous nous appuyons sur notre Metalab qui rassemble nos professeurs-chercheurs et nos programmes spécialisés sur ces questions, y compris le master ESSEC Centrale Supélec in Data Science and Business Analytics», affirme Mme Chami Khazraji.

Faire attention aux pseudo sur-mesure

Toujours est-il qu’une formation sur mesure doit répondre à des critères bien précis. Comme très souvent, les établissements éducatifs, comme les cabinets de formation disposent de catalogues «prêt-à-porter» et sont disposés à chercher des intervenants pour des formations qu’ils n’offrent pas d’habitude. C’est ce que beaucoup appellent du sur mesure à tort. Pour Mohammed Benouarek, DRH de Promamec, «l’offre de formation ne doit jamais être le point de départ. Il faut bien diagnostiquer ses propres besoins en formation, les coupler aux challenges des individus, des départements et de l’entreprise, du présent comme du futur et puis les hiérarchiser pour en choisir les plus impactants». Idem pour Nassef Hmimda qui souligne qu’«au-delà de l’expression des besoins en formation, un programme sur mesure commence par un cadrage de traduction des besoins, ce qui pousse naturellement à aller vers un travail d’ingénierie pédagogique. Le plus important est de co-construire le programme de formation».
Bien évidemment, l’évaluation des actions de formation reste le moyen le plus idoine pour s’assurer de la qualité du produit. En effet, le retour des participants doit être pris en compte par le prestataire pour mieux ajuster le contenu proposé, les études de cas pratiques, la méthodologie d’animation, etc. Sans feed-back, il serait difficile d’ajuster la prestation pour parler du sur mesure.

Attention aux ratés

A l’approche de la fin de l’année, beaucoup d’entreprises s’empressent de boucler les dernières actions de formation et préparer leur ingénierie pour l’année prochaine. Une stratégie qui entraîne malheureusement et très souvent quelques ratés.
Lors des entretiens annuels d’évaluation, certains responsables hiérarchiques ne se réfèrent pas aux fiches de poste, aux exigences de l’emploi tenu (référentiel métier/compétences) et aux objectifs de leurs structures organisationnelles émanant de la stratégie de l’entreprise, pour choisir les actions de formation avec leurs collaborateurs.
L’erreur peut aussi provenir du mauvais choix des organismes de formations. Malgré toutes les précautions prises (cahiers des charges précis des besoins, appels d’offres transparents…), il peut y avoir un grand décalage entre la qualité du programme et la qualité de l’animateur.
D’autres échecs peuvent survenir au niveau des évaluations des actions de formation. Le système d’évaluation épouse généralement les valeurs dominantes de la société qui consistent à ne pas critiquer lorsque l’animateur gagne l’affectif des stagiaires. On peut critiquer les conditions matérielles (confort de la salle, qualité du menu…), mais pas l’animateur, car ils le trouvent sympathique.
Enfin, une formation sur mesure réside dans plusieurs points essentiels. Il revient par exemple aux responsables formation de faire en sorte de fédérer les managers en les informant, suffisamment à l’avance, des calendriers établis, en les impliquant au maximum dans le processus afin que chaque formation soit non seulement prévisible mais préparée et attendue !

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