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Tourisme : Faudrait-il revoir le modèle de la profession des guides ?

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Tourisme : Faudrait-il revoir le modèle de la profession des guides ?

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La crise sanitaire a mis à nu la situation fragile d’une catégorie professionnelle du tourisme national : les guides. Au nombre de 3500 et appartenant à deux catégories majeures, les guides des villes & circuits et les guides des espaces naturels, ils sont totalement privés de revenus. Depuis plus de dix mois, les efforts des associations qui les représentent sont axés essentiellement sur la coordination avec les autorités pour l’obtention de l’indemnité forfaitaire, «qui a accusé en premier lieu un peu de retard en ce qui concerne son implémentation», un retard dû à quelques complications techniques. Depuis la signature, courant janvier 2021, d’un avenant à la convention spécifique fixant les modalités de mise en œuvre et déblocage de l’indemnité entre l’Etat et la CGEM, la situation a été régularisée. Les guides n’ayant pas touché l’indemnité forfaitaire servie entre juillet et décembre 2020, en bénéficieront. Mais ils devront terminer les formalités vis-à-vis du ministère de tourisme.
Selon Hassan Najah, président de la Fédération des associations régionales des guides, «faire profiter les guides de cette indemnité était une urgence. L’essentiel est que ce projet a été réalisé». Cela couronne le processus d’intégration de la profession des guides à la sécurité sociale, qui a commencé en 2017. La CNSS avait lancé cette opération afin de faire profiter les travailleurs non salariés (TNS) de la sécurité sociale, une catégorie qui inclut aussi les kinésithérapeutes, les sages-femmes et les adouls. Décembre 2019, les deux parties, guides et CNSS, se sont mis d’accord sur le revenu référentiel qui a donné lieu à la fixation au coefficient de prélèvement, avant l’implémentation de cette mesure solidaire.

Les guides de Marrakech créent un fonds de solidarité
Face à l’enlisement de la crise, les guides sont de plus en plus solidaires. Abdessadek Kademi, président de l’Association des guides de la région de Marrakech-Safi, qui représente 1200 guides, nous confirme la création d’un fonds de solidarité grâce aux contributions des membres afin de prendre en charge certains cas sociaux. Même si le fonds n’a pas dépassé 90 000 dirhams, son impact a été salutaire pour des dizaines des guides, dont certains appartiennent aux autres régions du Royaume. «Cela a été suffisant pour venir en aide à une centaine de guides durant la première étape de la crise, dont certains ne sont pas de la région», nous confirme M. Kademi.
Au niveau national, la crise a pris de court les associations des guides, regroupées au sein d’une fédération nationale. Le nouveau bureau de cette dernière a été constitué quelques semaines avant l’éclatement de la pandémie. Cela dit, la fédération s’est chargée de la liaison avec les autorités et de la réalisation d’opérations de communication. Mais un pan important de l’action des professionnels sur le terrain a été réalisé au niveau des régions.
Le modèle actuel de la profession soulève plus que jamais des questionnements quant à sa viabilité durant les crises et en temps normal. Au Maroc, les guides ne sont rémunérés que lorsque les touristes font appel à eux. Durant les grands circuits, ils sont payés à la journée en plus de commissions qui dépendent de la bonne volonté des opérateurs touristiques avec qui ils traitent. En dehors de cela, ils ne reçoivent aucun salaire, ce qui limite l’entrée d’argent aux périodes de haute saison. Durant la basse saison, ils se retrouvent en situation de chômage non rémunéré. Pour M. Janah, «ce modèle fait partie de la nature du métier. Ce ne sera pas utile de le changer», conclut-il.
La grande différence entre les guides des villes et circuits touristiques et les guides des espaces naturels n’affecte en rien l’impact de la crise sur les revenus. Le fait que certaines zones connaissent une légère activité liée au tourisme rural profite à la deuxième catégorie des guides. Au sein des villes touristiques, la paralysie est générale.

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