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Trouver un premier job en temps de crise

La Vie éco

Trouver un premier job en temps de crise

Trouver un premier job en temps de crise

Touchés de plein fouet par la crise, bon nombre de jeunes diplômés galèrent aujourd’hui pour décrocher leur premier emploi.
Imane, 24 ans, fraîchement diplômée de l’ENCG Casablanca en juillet dernier d’un master en commerce international, ne cache pas son amertume. «Cette longue attente devient de plus en plus pesante. En plus, j’ai galéré pour trouver un stage de trois mois. Là, c’est difficile de trouver un job», souligne t-elle.
Comme elle, des milliers de jeunes débarquent cette année sur le marché de l’emploi, secoués par une crise à la fois sanitaire et économique, aux lourdes conséquences sur l’emploi. Les chiffes publiés par le HCP ne sont guère reluisants dans ce sens, puisqu’au troisième trimestre 2020, ils montrent une dégradation à tous les niveaux. Ces chiffres annoncent une perte de 581000 postes d’emplois entre le troisième trimestre 2019 et la même période en 2020, tandis que le taux d’emploi de la population en âge de travailler (15 ans et plus) a chuté de 2,8 points, pour atteindre 37,9%.
Les pertes d’emplois s’élèvent à 260 000 postes dans le secteur des services, 258 000 dans l’agriculture et pêche, 61 000 dans l’industrie, y compris l’artisanat et 1000 dans le BTP. Quant au nombre de chômeurs, il est passé de 1,11 million de personnes à 1,48 million, soit 368000 chômeurs de plus en un an, principalement en milieu urbain (276 000). Le taux de chômage grimpe ainsi de 3,3 points, à 12,7%.

Changer de secteur…, de métier s’il le faut
Pour Youssef El Hammal, fondateur d’YM Africa, groupement de portails dédiés à l’emploi et l’orientation professionnelle, «les jeunes doivent s’adapter à la réalité du marché de l’emploi. En période normale les entreprises misent plutôt sur les jeunes diplômés qui ont du potentiel, avec l’idée d’investir sur le long terme. Mais en temps de crise, la dynamique est inversée. On raisonne davantage sur le court terme, c’est pourquoi les recruteurs privilégient les profils avec de l’expérience, immédiatement opérationnels». Et de poursuivre : «S’ils souhaitent mettre toutes les chances de leur côté, les jeunes diplômés en quête de leur premier emploi ne doivent pas hésiter à renforcer leur socle de compétences, en suivant des certifications en ligne. A contrario, les profils expérimentés ont tout intérêt à jouer la carte de l’expertise en soulignant ce qu’ils peuvent apporter immédiatement à l’entreprise». Issam, 26 ans, lauréat d’une école d’hôtellerie, galère également pour trouver le job de ses rêves, surtout dans un secteur qui peine toujours à se redresser. Heureusement pour lui, il a pu compter sur des amis qui ont pu l’intégrer dans un projet de start-up qui développe une application de réservation en ligne pour voyageurs. Le domaine ne correspondait pas à ses critères de prédilection. Mais, après une multitude de demandes sans réponse, il ne fait plus la fine bouche. «Ce n’était pas le job de mes rêves, mais j’y ai vu la possibilité de faire évoluer mes compétences», se résout-il.
D’autant plus que la prise de poste à distance s’est avérée compliquée. «J’étais seul en télétravail et je n’avais aucun encadrement sur les missions. J’avais besoin qu’on m’explique le métier pour progresser», précise t-il. Après mûre réflexion, au bout de quelques mois, il a préféré interrompre sa collaboration, le temps d’intégrer un groupe hôtelier.
Pour d’autres, l’option a été de changer vers une filière qui connaît moins la crise, notamment celle de la finance. «En période de crise, les postes de marketing sont souvent sacrifiés», constate Amal, lauréate de l’ISCAE. «Les profils comptabilité et gestion ont plus de chance de décrocher un job», compare-t-elle. Parmi les métiers qui tirent leur épingle du jeu depuis le début de la crise, on trouve en effet la comptabilité, l’audit et la finance, mais aussi les secteurs de la banque et de l’assurance.

Rester pro-actif
Toujours est-il que si le marché de l’emploi reste tendu, les candidats peuvent toujours se prendre en main pour décrocher le fameux sésame. Pour le DG d’YM Africa, «les candidats à l’embauche doivent être pro-actifs dans leur recherche et ne pas attendre que les offres d’emploi pleuvent. Pour moi, un candidat qui prend des initiatives pour démarcher les entreprises démontre sa capacité à pouvoir être entreprenant, une qualité tant recherché chez des profils comme les commerciaux». Enfin, la pro-activité passe aussi par d’autres voies, notamment l’entrepreneuriat. Aujourd’hui, plusieurs structures d’accompagnement peuvent aider les jeunes à privilégier l’entrepreneuriat plutôt que le salariat. Et on l’a bien constaté durant 2020, l’heure a été aux idées nouvelles et les start-up l’ont bien compris. Depuis le début de la crise sanitaire, bon nombre de jeunes entrepreneurs ont su faire preuve d’agilité et capacité à évoluer dans les contextes les plus difficiles.
L’industrie du e-commerce, l’edtech, la fintech ou encore la santé ont été bénéfiques, pour certaines start-up qui ont pu tirer leur épingle du jeu.

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